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DIFFERENTES ETAPES DE LA VIE D’UN VER 

Incubation (9 à 12 jours)
 
Larve 5ème âge   (environ 21 jours)
 
Filage du cocon (2 à 4 jours), puis métamorphose en chrysalide (2 à 3 jours)
 
Métamorphose en papillon (10 à 12 jours) et ponte
 
Graine


LES PREDATEURS

Le ver à soie comme beaucoup d'insectes a de nombreux prédateurs. Il n'a aucun moyen de défense, il est une proie facile pour les oiseaux comme moineau ou rouge-gorge.

En 1845 apparaissent les maladies du ver à soie, les "épizooties"qui déciment peu à peu les élevages, cela devint vite une catastrophe dans les cultures cévenoles.

Ce sont :

    1 . la pébrine causée par une bactérie " Nosema bombycis ", elle est à la fois héréditaire et contagieuse,
    2 . la muscardine du au champignon " Beauvieria bassiana  "
    3 . la grasserie causée par un virus
    4 . la flacherie provoquée par un ensemble de virus et bactérie " Bacillus bombycis "

En 1865 le gouvernement demande à Louis Pasteur d'étudier ce fléau. De 1865 à 1969 Louis Pasteur met au point  mais  une sélection du grainage pour enrayer la maladie. En 1855, un virus appelé  interrompit la croissance dans les Cévennes.

 Il arrive parfois que d'autres insectes piquent la chenille pour pondre des oeufs à l'intérieur de celle-ci. Ainsi les larves peuvent se nourrir aisément.

LA SOIE ET SON MYSTERE

L'invention de la sériciculture remonte environ à 2600 ans avant Jésus-Christ. Elle est née dans le Nord de la Chine. Les usages de la soie étaient nombreux. Celle-ci devint très vite une monnaie pour payer les fonctionnaires ou pour effectuer des échanges avec les pays étrangers.

La soie devint très vite un produit plus cher que l'or. Il fut donc très important que son secret soit bien gardé. Toute divulgation des techniques ou vente de graines est punie de mort.

Ainsi ce somptueux tissu s'entoura de légendes sur sa provenance et sa fabrication.
 

LES PREMIERES UTILISATIONS DE LA SOIE

En Chine, très tôt, la soie ayant de multiples utilisations, devint très précieuse. Ces utilisations étaient :

    1 . Une utilisation traditionnelle (les tissus de luxe pour la cour et les aristocrates .
    2 . Le matelassage des vêtements d'hiver avec les déchets de filature.
    3 . A partir du VIIème siècle avant J.C., elle sert à la composition du papier (oeuvres calligraphiques, picturales, actes officiels...).
    4 . Le fil servait pour confectionner des cordes d'arc, des cordes d'instruments de musique.
    5 . Le pêcheur se servait du fil pour fixer ses hameçons. 


ROUTE DE LA SOIE

II siècle av J.C :  La Chine du se protéger des différentes tribus nomades. Les Chinois le font de plusieurs manières :

    1 . En construisant la grande muraille 
    2 . En consentant des traités, des unions matrimoniales donnant lieu à des somptueux cadeaux dont de magnifiques soieries. 

Par la suite les nomades échangèrent ces pièces de tissus avec d'autres peuplades plus occidentales et ainsi par échanges successifs la soie arriva jusqu'à Rome.
 
I siècle av J.C :  En 53 avant J.C, les romains affrontent les Parthes (Empire situé sur l'Iran actuel) et les rescapés racontent avoir été éblouis par des étoffes brillantes. L'empire Parthe devint alors le principal marché de la soie entre Chinois et occidentaux l'itinéraire terrestre de route de la soie se met en place. Elle s'étendait sur 6000 kilomètres. Elle partait de Xi'an pour arriver au port d'Alexandrie et d'Antioche traversant plaines, marécages, déserts, hautes montagnes.

II siècle ap J.C :  Une route maritime double la route terrestre grâce à une meilleure connaissance de la mer et des moussons.

IX siècle ap J.C :  Les Arabes contrôlent l'ensemble du commerce de la soie avec l'occident.

XII siècle ap J.C :  Grâce aux croisades et à l'unification des peuples d’Asie (Empire Mongol) les marchands vénitiens et génois profitent d'un nouveau tracé de la route de la soie.

XIII siècle ap J.C :  Marco Polo emprunta celle-ci pour se rendre en Chine. Son voyage dura trois ans.
 
XIV siècle ap J.C :   Ce commerce cesse pour deux raisons:
    1 . Epidémie de peste en Europe
    2 . Affaiblissement du pouvoir mongo

XVII siècle :  Les portugais ouvrent la 1ère route directe entre l'Europe et l'Inde.

Sur cette Route de la soie fut également échangés des épices, des parfums, du bois aromatiques de l'ivoire, du coton, de la porcelaine, du papier.

LA SOIE EN FRANCE 

En 1450 Lyon obtient des marchands italiens le monopole du commerce de la soie.

En 1466 Louis XI veut créer une manufacture de la soie à Lyon mais le consulat (conseil municipal) qui avait un accord avec les marchands italiens fit échouer le projet.

En 1470 Louis XI crée une manufacture à Tours où il installe des artisans grecs et italiens. Ses successeurs Louis XII, Charles VIII et François I favorise la fabrication du tissu.

Vers 1564 Un jardinier Nîmois   François de Traucat commença la culture intensive du mûrier dans le midi de la France. Il planta plus de quatre millions de pieds dont ceux du domaine Pradel près de Villeneuve en Berg appartenant à Olivier de Serres.

En 1599 Olivier de Serres encourager dans ses expériences par Henri IV publia : "La cueillette de la soye par la nourriture des vers qui la font".

En 1685 La révocation de l'édit de Nantes occasionne une diminution importante des séricicultures languedociennes. En effet de nombreux ouvriers protestants émigrent.

Du XVII au XIX siècle La sériciculture connaît un essor croissant. Dans les Cévennes tout le monde fait cette culture dans des magnaneries, la soie est d'un grand rapport. Les principaux marchés de la soie sont Beaucaire et Alès.

Au XIX siècle Les  métiers à tisser se perfectionnent - Jacquard leur adjoint un système de carte perforée.

En 1845 Apparaissent  des maladies du ver à soie. La plus importante est la "pébrine" (les vers prennent une couleur grise).

En 1865 Le gouvernement demande à Pasteur d'étudier cette maladie qui détruit la sériciculture Cévenole. Il découvre que la pébrine est une maladie contagieuse et héréditaire. Il fait alors trier les graines saines et sauve ainsi cette culture.

En 1968 La soie venant d'extrème-Orient étant beaucoup moins chère que la soie française le gouvernement décide d'arrêter la dernière filature des Cévennes.


LA FABRICATION DE LA SOIE


 LES OEUFS

Un oeuf a la grosseur d'1 tête d'épingle, il est appelé graine. Au moment de la ponte, leur couleur est jaune. Au bout de quelques jours, s'ils ont été fécondés, leur couleur devient grise.

La particularité de cette graine, c'est la diapause : c'est un arrêt du développement de l'embryon dans l’œuf quatre à cinq jours après la fécondation.

La graine vit au ralenti pendant 4 mois à une température de 22°C, c'est l'estivation.

Pour faire repartir le développement de l'embryon, elle passe par une période d'hibernation. Elle  est mise au frais à 5°-6°C pendant  trois mois.

Avant l'éclosion, l’œuf sera mis en Incubation pendant 15 jours à une température de 24°C
  

L' ECLOSION

Celle-ci est provoquée artificiellement quand le mûrier annonce ses feuilles. La graine est mise en incubation pendant une quinzaine de jours.

L'incubation se fait dans un local à 24°C environ.

Quatorze jours plus tard, la larve grignote la coque et parvient à se dégager. Elle mesure 2 mm. Elle part immédiatement en quête de nourriture.

L'éclosion dure environ quinze minutes.

LA CROISSANCE

Celle-ci va durer une trentaine de jours. Cette période demande beaucoup d'attention et de soins. Il faut les maintenir à une température de 20°C et surveiller les vers pour éviter les maladies. Il faut en prendre soin  continuellement. Ils détestent les aboiements des chiens, l'odeur de l'ail, les courants d'air, et les différences de température.

Pendant cette période, le ver va multiplier son poids initial par 10 000. Il va atteindre 6 à 8cm. Cette métamorphose rapide l'oblige à changer de peau : la mue.

Au moment de chaque mue, le ver reste immobile ou s'endort pendant environ 24 heures. Les mues se produisent à différentes périodes de sa croissance :

    1 . au bout de quatre jours

    2 . vers le onzième jour

    3. vers le dix-septième jour

    4 . vers le vingt-quatrième jour 


LA NOURRITURE

 Les feuilles, qui sont les seuls aliments des vers à soie, sont ramassées sur les mûriers blancs "Morus alba". Celui-ci  se cultive seulement sous les  climats tempérés. Le ver à soie mange trois repas par jour de feuilles fraîches et sèches. La dernière semaine, le ver consomme plus que pendant les quatre premiers âges réunis. C'est le temps de la "grande frèze" où le ver ne fait que manger.
 

LE COCON

Vers le 30e jour, le ver cesse de manger et cherche à grimper. Il choisit l'endroit où il va se fixer après avoir évacué les résidus des feuilles de son tube digestif.

Pour tisser son cocon, il décrit dans l'espace avec sa tête plusieurs dizaines de millions de huit, tout en exécrant une "bave" filamenteuse et visqueuse. Cela au rythme de 30 cm à la minute. Cette bave durcit au contact de l'air et devient une fibre. Ainsi pendant 2 à 3 jours le ver "bave" de 500 à 1500 m de fil.

Une fois terminée, le cocon est composé d'une trentaine de couches de fil.

Dans les élevages, "l'éducateur" va placer un "hérisson" où les vers vont filer leur cocon.

LA METAMORPHOSE 

A l'intérieur du cocon, le ver se transforme en chrysalide au bout de 3 jours. De nouveaux organes apparaissent comme l'appareil reproducteur.

D'autres organes disparaissent comme les glandes séricigènes

La nymphe de papillon va d'abord briser sa chrysalide à l'intérieur du cocon, puis elle secrète un liquide qui dissout le fil de soie en un point, le papillon ainsi peut écarter les fils pour ouvrir un passage.

Cela se passe 20 jours après la création du cocon.

Les cocons percés ne peuvent être utilisés pour la filature. 
  

LE PAPILLON

 
Tôt le matin, au début de l'été, le Bombyx du mûrier  (ou Bombyx mori) sort de son cocon.

C'est un papillon de nuit dont l'aspect est peu agréable et qui est incapable de voler.  Il ne peut ni boire, ni manger, son tube digestif est atrophié.

L'accouplement se fait dès la sortie du cocon et peu duré plusieurs heures.

Un mâle peut féconder jusqu'à 10 femelles en quelques jours, puis il meurt.

La femelle, dont l'abdomen renferme 500 ou 600 oeufs, commence la ponte quelques heures après l'accouplement.

Les oeufs sont gros comme des têtes d'épingles, on peut compter jusqu'à 1800 oeufs dans un gramme.
 
  

DU COCON A LA SOIE

    1 . Le décoconnage :  Huit à 10 jours après la fabrication du cocon, a lieu le décoconnage. Les vers sont enlevés de leur support et triés. Ensuite on enlève la bourre ou "blaze", qui a servi à la fixation du cocon.

    2 . L'étouffage : Les cocons sont ensuite étouffés dans des étuves de 70 à 80°C Les cocons sont ensuite trempés dans l'eau bouillante pour que le grès se ramollisse. Le problème : la chrysalide doit être tuée sans abîmer le cocon.

    3 . La filature :  Pour trouver l'extrémité de chaque fil, on remue constamment les cocons avec un petit balai de bruyère dans les Cévennes, de paille de riz en Chine. Celui-ci sert à accrocher les premiers fils de dévidage. Chaque fil étant trop fin, on en réunit plusieurs (une dizaine) lors du dévidage. Ceux-ci se soudent entre eux grâce au grès, lors de son refroidissement. Les fils sont enroulés sur des "dévidoirs", la soie est alors dite soie "grège". Celle-ci est ensuite enroulée sur des écheveaux  ou "flotte". Un kilo de soie grège s'obtient avec 8 à 10 kg de cocon.

    4 . La préparation du fil

Le moulinage :  La soie grège n'est pas suffisamment résistante. On lui fait subir différentes torsions suivant la qualité du fil que l'on désire obtenir (crêpe de chine, crêpe Georgette...  C'est l'opération de moulinage.

Le décreusage :  Puis on la fait bouillir dans de l'eau savonneuse pour éliminer le grès c'est le "décreusage". Cette opération peut-être effectuée sur la soie en flotte ou déjà tissée.

La teinture :  La teinture de la soie se pratique toujours sur de la soie décreusée.

Le tissage :  La soie pour le tissage se présente sous la forme de flotte:
    1 . Elle est enroulée sur un tambour "l'ourdissoir". Cela permettra de monter les fils de chaîne sur le métier.
    2 . Elle est dévidée sur une "cannette" qui sera placée dans la "navette". Celle-ci sert à tisser la trame



LES UTILISATIONS DE LA SOIE

  • Le brocart
  • la soie chirurgicale
  • Les tapis
  • La sérigraphie
  • le fil de pêche
  • les tapisseries
  • la broderie
  • la dentelle
  • La peinture sur soie 

 
 

LES AUTRES SOIES ANIMALES 

    1 . La soie sauvage :  On utilise également la soie venant de d'autres espèces de papillons séricigènes vivant à l'état sauvage (environ 80 espèces. Cela donne de la soie sauvage.

Les plus connues sont fournies par :

  • Bombyx militta.                   
  • Antheraea pemyi donnant : la soie "Tussah". Elle vit seulement en Inde et Moyen-Orient.
  • Antheraea assamenois donnant la soie "Muga". Produite en Inde et de couleur jaune or.
  • Philosamia donnant la soie "Eri"

    2 . La soie marine :  Plusieurs coquillages se fixent aux fonds marins par l'intermédiaire d'un byssus (touffe de filaments très fins). Le byssus jambonneau (dans les eaux méditerranéen) fut exploité pour fabriquer des habits d'apparat et des ornements somptueux.

    3 . La soie de Madagascar :  Cette soie provient des araignées, mais elle n'est plus cultivée, car beaucoup trop coûteuse.



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